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Numérique et vie privée

Atelier animé par Benoit Petit dans le cadre du 35e colloque de l’AQUOPS

Jeudi 13 avril 2017 | 8h30 à 10h00

Écrit par Marise Collin Lam, Université Laval


 

Jeudi, j’ai eu l’occasion de participer à l’atelier Numérique et vie privée de Benoit Petit, conseiller au service national dans le domaine du développement de la personne.  Dès le début de l’atelier, nous avons dû mettre de l’avant nos conceptions du numérique par rapport à la vie privée, notre vie privée. Nous avions une image à observer:

En effet, nous avons tendance à opposer ces deux conceptions, de sorte qu’il devient difficile de trouver le juste équilibre entre les deux. Sommes-nous épiés sur internet? Qui a accès à mes données? Stocker mes données sur mon ordinateur est-il plus sûr que sur internet (ex. : infonuagique)? C’est à travers nos interrogations que nous avons abordé l’importance de développer un esprit critique face au numérique, sans toutefois s’en éloigner. Au contraire.

La notion de la vie privée se trouve redéfinie dans son rapport au numérique.

N’oublions pas que le numérique fait partie de notre entourage et de celui des élèves. C’est inévitable. Vaut mieux apprendre à vivre avec, plutôt que de les en éloigner. Ainsi, pour mieux nous familiariser avec le fameux concept du numérique, monsieur Petit a abordé avec nous plusieurs notions qui s’y rattache : big data, infonuagique, les serveurs, collecte de données, profilage, etc. Où nos données sont-elles stockées? Qu’est-ce qu’un serveur? En étant capables de visualiser le fonctionnement du stockage des données, nous sommes davantage capables d’en mesurer l’impact dans nos vies et celles de nos élèves.

 

Les jeunes et l’insouciance du numérique?

Un élément m’avait particulièrement fait sourciller lors de l’atelier, soit l’affirmation suivante « peu de personnes s’inquiètent de la portée du numérique sur leur vie privée », particulièrement les jeunes. Bon, n’oublions pas que je fais partie de cette fameuse génération de jeunes… De jeunes qui doivent expliquer parfois plusieurs fois le fonctionnement des réseaux sociaux (ou même de l’ordinateur en général) à leurs parents, voire leurs grands-parents. J’étais donc fort heureuse d’apprendre que « la génération des 18-25 ans est celle qui ajuste le mieux les paramètres de sécurité de leurs réseaux sociaux. » Sans dire que tous les jeunes sont soucieux de la portée du numérique sur leur vie privée, il faut également cesser de généraliser. Les jeunes veulent apprendre, mais il faut leur donner les outils nécessaires, ainsi que l’espace de réflexion qu’il faut pour soulever l’apprentissage et les questionnements.

 

Il faut partir de la réalité des jeunes plutôt que de nos peurs pour aborder le numérique avec eux.

Notre peur des risques associés aux réseaux sociaux – pensons notamment aux challenges – est valable parce que nous voulons éviter le pire à nos jeunes. Cependant, nos craintes ne leur permettront pas de se développer avec le numérique. Nous devons apprendre à les mettre de côté pour mieux cerner le concept du numérique qui change constamment. Notre vision du numérique il y a 10 ans et aujourd’hui n’est pas la même. La mienne par rapport à la vôtre ne le sera pas non plus, comme la vôtre par rapport à vos élèves ne sera pas la même. Il faut s’adapter à ces changements et s’adapter à la réalité des jeunes par rapport à leur relation avec le numérique.

 

Apprendre plutôt qu’imposer

Nous avons ensuite enchaîné sur le cœur de notre réflexion : apprendre aux enfants à avoir une réflexion éthique afin d’apprendre à faire des choix plutôt que d’imposer les nôtres.  En effet, en offrant un espace d’échanges entre eux, les enfants finissent par s’auto-normaliser sur le plan comportemental, puisqu’ils vont être à la recherche d’un vivre ensemble idéal. Ainsi, sans même leur imposer des règlements pour se normaliser, ils vont finir par le faire par eux-mêmes et cela devient bien plus significatif pour leur apprentissage.

Benoit Petit a également apporté une nuance entre la réflexion éthique qui amène à comprendre les éléments en jeu dans un contexte donné et la réflexion morale, qui cherche davantage à trouver une bonne conduite à adopter. Comme le disait une participante lors de l’atelier, c’est à nous d’apprendre à nous distancier et de développer notre esprit critique pour mieux cerner nos intentions envers nos élèves afin d’offrir un bon soutien pour amener les élèves à développer leur propre esprit critique.

Finalement, il nous a présenté des exemples de projets possibles à faire en classe que ce soit au primaire et au secondaire afin de travailler et développer la conscience numérique chez les élèves. En effet, plutôt que d’éloigner et prévenir les jeunes du numérique, mieux vaut les amener à réfléchir sur la relation qu’ils ont avec. Des liens pour y accéder seront placés en fin d’article.

 

En somme, ce fut une conférence très intéressante, enrichissante en réflexions. Merci à Benoit Petit pour cet atelier qui, je crois, a suscité beaucoup de réflexions et de questionnements chez les participants.

Je termine sur une question: si vous regardez une seconde fois la photo en début d’article, que vous inspire-t-elle? 😉

 

 

Marise Collin Lam

JournalisTIC ULAVAL

Bacc.enseignement préscolaire et primaire

Liens utiles :

Accès à la présentation

Conférence en ligne

RÉCIT

 

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Équipe de Chroniqueurs Web
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L'équipe de Chroniqueurs Web est composée d'étudiants en enseignement qui livrent leurs impressions sur leur participation au colloque de l'AQUOPS.

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