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J'enseigne avec Antidote 9 en français…et en anglais

Par où commencer ? Après une journée aussi intense en apprentissages, il est dur de sélectionner les informations les plus pertinentes à partager… car tout l’est !

Alors commençons par ce qui était finalement à la base même de cet atelier : notre animatrice, Dolores Tam. Ayant suivi une formation en beaux-arts, puis en traduction pour ensuite finir en terminologie, cette dernière a appris de manière autodidacte tout ce qu’elle sait aujourd’hui sur la linguistique. Des jours, mois, années de travail assidu et appliqué pour arriver à son niveau de maîtrise actuel de la matière – qui, cela va sans dire, est réellement poussé. Une passionnée, donc… Et ça se voit ! Grâce à son énergie, son enthousiasme, son humour, elle aura su nous transmettre son « art de la fiole » avec entrain et envie. Difficile donc de ne pas entrer dans les différentes activités qu’elle nous a proposées. Attentive à nos besoins, nos intérêts, nos éventuelles frustrations, à notre écoute et disponible pour répondre à nos questions, rien à redire sur l’encadrement de cet atelier. C’était un plaisir, qui semble avoir été partagé.

Je tiens à préciser que celle-ci a remercié à plusieurs reprises l’AQUOPS de lui donner l’occasion de réaliser des ateliers sur une journée, qui permet réellement d’exploiter le logiciel plus en profondeur. Une chance dont elle est consciente et qui lui est maintenant accordée depuis quelques années.

Le logiciel Antidote, elle le connaît « comme sa poche » (depuis 1998) et enseigne son utilisation depuis 2004. Si son travail cherche également à présenter le logiciel et son utilisation, ce dernier consiste principalement au fait de déconstruire les idées reçues ou préjugés qui peuvent circuler à son sujet dans la communauté enseignante et de démolir cette étiquette « anti-pédagogique » qui lui est si souvent attribuée. Après une journée à ses côtés, le message est clairement passé : Antidote n’est PAS un simple correcteur automatique ! Bien loin de cette idée complètement erronée, j’ai pu découvrir toute une série de fonctionnalités, plus intéressantes les unes que les autres. Les possibilités sont quasiment illimitées, ce qui rend l’usage de cet outil une force. Ce logiciel que Dolores Tam connaît depuis si longtemps, elle le découvre encore. Alors il va sans dire que c’est un travail de plusieurs mois qui peut être réalisé avec nos élèves en classe.

Et quel travail… Une journée d’atelier n’était clairement pas assez, mais la palette d’activités que nous avons pu réaliser nous donne déjà un grand nombre de pistes d’action pour se servir de ce logiciel dans notre classe de manières diverses et variées. Grâce à toute une série de mise en situation, nous avons réellement pu découvrir (de manière instinctive ou plus guidée), les différentes fonctionnalités qu’offre le logiciel Antidote et leur(s) utilité(s), tout en nous détachant de nos possibles « mauvaises » habitudes : le reste, c’est maintenant à nous de le découvrir ! Sans nul doute que les participant-e-s le feront avec plaisir.

Concernant ces derniers justement, le groupe était constitué d’une majorité d’enseignant-e-s du secondaire, de quelques conseillères pédagogiques, d’orthopédagogues ainsi que d’une membre du ministère de l’Éducation. Les deux-tiers des participants n’avaient pas utilisé Antidote avant l’atelier. Un outil qui semblerait donc avoir encore du mal à prendre sa place, notamment dans les classes du primaire, ou susciter un intérêt moins fort chez ces enseignant-e-s ? Une des participantes avec laquelle j’ai pu discuter m’a d’ailleurs expliqué comme quoi elle souhaitait suivre cette formation pour prouver à ses collègues que leurs préjugés étaient complètement injustifiés.

Étayant toujours ses propos par des petits conseils pratiques que l’on sent basés sur une réelle expérience du terrain et des exemples concrets qui faisaient tout à fait sens aux yeux des participant-e-s, les explications quant à la marche à suivre étaient toujours claires et précises. Dolores Tam veillait par ailleurs à s’adapter au rythme de chacun-e, en remontrant ou réexpliquant si besoin. Les manipulations trop fines ont été mises de côté, en cherchant ainsi à nous mettre également à la place des élèves.

Les plus de cet atelier :

  • l’intérêt apporté aux élèves en troubles d’apprentissage, une thématique centrale dans notre fonction et on ne peut plus actuelle. « Il est beaucoup moins douloureux de corriger les erreurs des autres que les siennes. » « Il faut penser à ne pas les surcharger. » : des petites pensées qui révèlent une vraie sensibilité aux questions de différenciation et de prise en considération du ressenti des élèves, cherchant à les mettre en confiance par rapport à leurs compétences.
  • l’importance apportée à comment susciter l’intérêt, développer la curiosité et le plaisir des élèves pour l’usage d’outils de référence souvent perçus négativement par les élèves (comme le dictionnaire), tout en les déchargeant et en éliminant les potentielles sources de frustration.
  • la partie en anglais du logiciel, qui permet de réaliser toutes les activités présentées avec des textes/phrases/mots en anglais. Le passage d’un univers linguistique à l’autre étant par ailleurs très simple, pourquoi ne pas profiter des possibilités qui sont offertes grâce à cette nouvelle option !

Que cela soit l’usage de l’option « Rime » pour un projet en poésie, « Fréquence » pour accroître le vocabulaire des élèves, « Cooccurrence » pour préciser son vocabulaire ou travailler la chronologie, « Champ lexical » pour préparer les élèves à entrer dans la lecture, ou encore d’autres options, permet d’exercer l’œil des élèves au repérage des répétitions ou à la reformulation de phrases trop longues. Des activités toutes simples peuvent également être réalisées à partir de ce dernier, en faisant travailler la nature et la fonction des mots les élèves de manière visuelles. Que demander de plus ?

FullSizeRenderUn extrait d’exercice réalisé durant l’atelier, sur la nature des mots

Le logiciel Antidote, comme Dolores Tam a su très bien le résumer, « n’est pas un didacticiel, mais un logiciel d’aide à la rédaction », un soutien pour l’apprentissage du français. Avant même d’être un outil de correction, c’est avant tout un outil de planification et de révision, qui génère chez l’élève le réflexe de vérifier. Mais il est important de garder à l’esprit que si l’on souhaite voir des résultats chez les élèves, eux aussi, ont un besoin de formation, pour pouvoir se servir de manière adaptée de tout ce qui leur est proposé par le logiciel. Tout n’est donc pas si « automatisé » et l’apport de l’enseignant-e reste nécessaire et primordial.

Le logiciel est disponible pour cent dollars et sa place dans les classes est actuellement financée par les commissions scolaires. Qui sait ? Avec un peu de chance, ce dernier pourra un jour s’importer dans les classes scolaires genevoises… Même si les écoles ne sont pas encore si « branchées », la possibilité de réaliser ces activités avec une seule interface (un ordinateur et un rétroprojecteur) permet de dépasser certaines « excuses » matérielles que l’on pourrait se trouver pour ne pas l’utiliser.

Selon les dires des participant-e-s, ce dernier serait également un très bon complément à ce qui est proposé par WordQ, notamment pour les élèves en trouble d’apprentissage. Un aspect intéressant à prendre en considération pour notre pratique. A eux deux, les possibilités pour soutenir nos élèves dans l’apprentissage du français semble quasiment illimitée… Antidote, une porte d’entrée (ou « suite linguistique ») vers un monde où certes, l’élève ne recopie peut-être pas tout le temps, mais doit repérer la bonne information, la sélectionner et la valider : c’est décharger l’élève d’un côté, pour favoriser sa réflexion de l’autre.

Pour conclure, je souhaite remercier Dolores Tam pour son accueil et l’énergie débordante dont elle a fait preuve toute la journée, ainsi que les organisateurs de ce 34e colloque de l’AQUOPS, ainsi que Suzanne Dansereau et l’équipe enseignante du cours d’Exploitation des TIC au préscolaire et au primaire, qui nous ont donné l’occasion de prendre part à cet événement, on ne peut plus enrichissant pour notre future pratique. Pour moi, la découverte était totale, n’ayant jamais eu l’occasion d’approcher ce logiciel de près ou de loin, mais je ne regrette aucunement d’avoir pu participer à cet atelier ! Mon but pour la suite ? Pouvoir partager ce que j’aurai appris aujourd’hui avec d’autres étudiant-e-s et enseignant-e-s, afin que cette barrière des TIC puisse être dépassée et que nos élèves puissent en profiter.

Aurélia Platon,
étudiante en échange à l’université Laval depuis l’université de Genève,
équipe JournalisTIC

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