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Le modèle SMAR et la démarche en 4 C

L’atelier du conférencier Claude Frenette, du RÉCIT de l’enseignement privé, a été extraordinaire. Entre notes d’humour et exemples concrets de la pratique enseignante, il nous fait découvrir le modèle SMAR et la démarche en 4 C. L’assistance, attentive, ne manque pas un mot et reste accrochée à son discours. Vous retrouverez dans cet article, les principaux modèles qu’il nous a présentés illustrés de quelques exemples.


 

Mr. Claude Frenette nous présente ses pistes de réflexion afin d’aider les enseignants à insérer de manière réfléchie les TICs dans leurs pratiques.

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Le modèle SMAR :

Après une courte présentation des compétences du 21ième siècle, Mr. Claude Frenette nous décrit en détail le modèle SMAR. Il nous exprime avec humour la chance qu’il a eu d’assister à une conférence de Dr Rubens Puentedura, auteur du modèle, ce qui l’a inspiré à pousser plus loin sa réflexion qu’il nous partage. Il est évident que ce modèle n’est pas une ligne à suivre, mais plutôt une proposition de « mixer » quatre façons d’utiliser les TICs.

Source: Claude Frenette http://goo.gl/pnU5MH

Source: Claude Frenette http://goo.gl/pnU5MH

 

S – Substitution : « La technologie ne fait que répliquer la pédagogie. »

Par exemple : Pour l’enseignant qui a du mal à lire les écrits des élèves, corriger un texte écrit qui a été écrit avec un logiciel d’écriture (tel que Word ou OpenOffice) est beaucoup plus simple et efficace (comparé aux « pattes de mouche » sur papier). Cependant, on ne retrouve aucun changement ou aucune amélioration au niveau des apprentissages des élèves. Ce premier stade n’est pas nécessairement négatif. « Ce n’est pas une tare » nous précise-t-il. Il existe des gains très pratiques pour l’enseignant qui ne sont pas à négliger.

A – Augmentation : « La technologie agit comme substitution directe d’outil, avec amélioration fonctionnelle. »

Par exemple : Lorsqu’un enseignant travaille sur une amélioration de texte avec ces élèves sur le TNI. On y voit clairement des avantages fonctionnels (plus visuel pour la classe,…), mais c’est plus que juste cela. En effet, la tâche se trouve améliorée avec la technologie : les traces seront gardées et pourront être retravaillées ultérieurement. Il y a donc un gain possible sur les apprentissages des élèves.

Ici on passe de l’ordre de la modification (la tâche est modifiée avec la technologie) à l’ordre de la transformation (la tâche est transformée grâce à la technologie)

M – Modification : « La technologie amène un changement dans la tâche. »

Par exemple : Les élèves écrivent non plus sur une feuille adressée à l’enseignant, mais dans un article d’un blogue sur Internet. Le contexte d’écriture, le médium utilisé et le public qui le lira ont changé, il y a donc une transformation partielle de la tâche.

R –Redéfinition : « La technologie permet la création de nouvelles tâches, auparavant inconcevables. »

À ce niveau, l’enseignant conceptualise une nouvelle tâche qui vise de nouvelles compétences (lien avec les compétences du 21ième siècle). Ce n’est plus une tâche modifiée, mais une nouvelle tâche créée. Il faut faire confiance aux élèves en ce qui concerne la technologie. Claude Frenette nous rappelle à quel point les élèves sont autodidactes avec la technologie (Vive YouTube et ses vidéos tutoriels!) et que l’enseignant n’a aucun besoin d’être un expert dans l’outil.

La démarche en 4C :

Source: Claude Frenette http://goo.gl/pnU5MH

Source: Claude Frenette http://goo.gl/pnU5MH

Les 4 C (Collecte – Curation – Création – Communication) gravitent autour de cinq catégories définies par Dr. Rubens Puentedura qui elles-mêmes gravitent autour de la tâche.

Ces cinq catégories définissent les caractéristiques des technologies qui nous entourent aujourd’hui. On y retrouve la mobilité, le social, le narratif, le visuel et le ludique. Pour illustrer ces propos, Mr. Claude Frenette a mis au défi les participants de trouver le mot qui désigne « lorsqu’une personne porte le nom de famille qui est lié à son métier ». Par exemple : Mr Boulanger vend du pain. Essayez de trouver ce mot avec le dictionnaire, puis avec vos outils connectés. Lequel sera le plus rapide, d’après vous? Une participante a mis moins de 10 secondes pour trouver le mot recherché…

Ces 5 catégories sont mises au sein de la démarche en quatre C. Cette démarche montre comment, dans la structure de l’activité, on va pouvoir intégrer la technologie. La démarche en 4C peut être facilement mise en parallèle avec d’autres types de démarches (scientifique, historique, processus de création, etc.).

C – collecte : « Il s’agit ici de s’imprégner du sujet à l’étude. » Les élèves confrontent leurs idées, recherchent de l’information et collectionnent un maximum de ressources.

C – Curation : « […] sélectionner, éditer et partager les contenus les plus pertinents […]. ». Notre présentateur nous rappelle les compétences du 21ième siècle de l’ordre du jugement critique de l’information. En effet, les élèves prennent l’information et réfléchissent dessus.

C- Création : « […] création de nouvelles connaissances ou du développement de nouvelles compétences. » Tout est dans l’art de l’enseignant de développer de nouvelles connaissances. Est-ce que laisser les élèves une chance unique lors d’un exposé oral est leur apprendre quelque chose? Notre présentateur remet en question cet exemple simple et propose une nouvelle activité. Pourquoi ne pas proposer à l’élève de s’entraîner face à un public averti, qui lui donnera des rétroactions, que l’élève aura donc envie de réinvestir pour son exposé final. Ici, alors, l’élève aura acquis et mis en pratique ces nouvelles connaissances.

C- Communication : « […] consolider les acquis, de reformuler les concepts […], de poser des questions et d’analyser les réponses. » La communication est très importante et se retrouve dans les trois autres « C ». Pour pouvoir communiquer, il faut avoir fait un traitement important de l’information dans sa tête, l’avoir synthétisé.

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Mot de la fin :

L’atelier s’est terminé sur une note philosophique. Il est vrai que ce monde « hyper connecté » donne aux enseignants de nouveaux défis dans leur classe. Cependant, il ne faut pas croire que le monde « s’abrutit » avec ces outils rapides (par exemple : wikipedia vs la mémoire), mais il se transforme. C’est dans le contexte de cette transformation que les enseignants agissent et c’est la responsabilité du pédagogue de ne pas laisser la nouvelle génération tombée dans le piège de la technologie. Aujourd’hui, « ce n’est pas savoir donner des réponses qui importent, mais se poser les bonnes questions ». L’école doit suivre cette transformation que le monde vit actuellement.

« Ce n’est pas savoir donner des réponses qui importent, mais se poser les bonnes questions » Claude Frenette

Plus qu’une simple conférence, cette heure de découverte a été un vrai plaisir à écouter. Je pense que tous les participants ont été piqués par votre enthousiasme et en sont ressortis avec plein d’idées afin d’investir les deux modèles dans leurs classes. Merci Mr. Claude Frenette!

Lien de l’atelier :

Lien de la présentation (prezzi) : http://goo.gl/pnU5MH  (travail en cours de processus)

Aurélie Faticati

Fière JournalisTIC – étudiante en technologie éducative à l’Université Laval

Équipe de Chroniqueurs Web
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L'équipe de Chroniqueurs Web est composée d'étudiants en enseignement qui livrent leurs impressions sur leur participation au colloque de l'AQUOPS.

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