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Les outils de cartographie : du pourquoi au comment

L’atelier de Steve Quirion semblait donner suite à la conférence d’ouverture d’Ewan McIntosh qui nous enjoignait de d’abord questionner le «pourquoi» de l’utilisation des technologies. La démarche de Steve Quirion entre parfaitement dans cette idée. Il a d’abord commencé par nous convaincre de la nécessité de la cartographie, puis il a ouvert nos horizons en nous présentant une multitude d’outils numériques.

Pourquoi s’intéresser aux cartes ? Bien au-delà de la simple technique, l’usage de cartes en éducation répond à un besoin fondamental : se repérer dans l’espace. Par l’étude de cartes, c’est toute la représentation de l’espace que se fait l’élève qui est en jeu. À terme, cette faculté s’inscrit dans l’ensemble de celles qui contribuent à la construction de l’identité. Par sa capacité à savoir où il se situe dans l’espace, à envisager le monde dans toute sa grandeur, à comprendre comment le territoire nous infuence, l’élève construit une partie de son identité. Steve Quirion insiste sur ce point, les cartes ne sont pas accessoires, elles sont l’outil de prédilection pour développer la conscience de l’espace.

Si la cartographie est si essentielle, comment y intéresser nos élèves ? Pour répondre à cette question, m. Quirion nous replonge dans son enfance. Il nous raconte combien il avait peur d’une attaque nucléaire au cours de la guerre froide. Mais il finissait toujours par se rassurer : toutes les cartes nous montrent la Russie bien loin de nous. Jusqu’au jour où on lui a montré une représentation de la Terre vue du pôle nord. Zut ! La Russie est au moins autant notre voisin que les États-Unis ! C’est par cette surprise qu’il a commencé à s’intéresser aux cartes. Pour en faire de même avec nos élèves, il suggère des idées en vrac. En somme, il s’agit toujours de créer un conflit cognitif, c’est-à-dire de poser un problème d’espace que les élèves ne pourront résoudre que par un recours aux techniques de géographie.

Par exemple, il pose le problème suivant : quelle est la plus longue ligne droite que l’on peut parcourir en bateau sur la Terre ? La réponse est surprenante, et ramenée sur une projection classique de Mercator, la ligne a plutôt l’air de zigzaguer entre les continents. À partir de cette réponse inattendue au problème, ce sont des notions de projections, de géométrie et de déformation qui peuvent être mobilisées. Cet effet de surprise peut être obtenu avec toutes sortes de cartes : cartes des câbles sous-marins, cartes des résultats électoraux et cartes où la taille des pays est proportionnelle à différentes données (par exemple, aux dépenses militaires, au revenu des femmes, à la population, etc.).

La plus longue ligne droite par voie maritime sur la Terre. Source : http://i.dailymail.co.uk/i/pix/2013/11/15/article-2507719-196CDA9600000578-708_964x487.jpg

 

Par la suite, il nous montre toutes sortes d’outils que l’on peut découvrir (ou redécouvrir !) pour soutenir les apprentissages. Google Street View, par exemple, permet désormais non seulement de se promener dans une ville d’un endroit à l’autre, mais aussi de choisir une année de référence et de voir un endroit tel qu’il était quelques années auparavant. C’est peut-être une façon de voyager dans l’espace-temps à peu de frais…

Pour les enseignants d’univers social, le site Web http://oldmapsonline.org résoudra un problème éternel : trouver des cartes d’époque. Il s’agit d’un index géolocalisé de cartes qui se trouvent partout le Web. En naviguant sur la carte vers le Canada au XIXe siècle, on trouve rapidement des cartes du Haut-Canada et du Bas-Canada, du Canada-Uni après 1840, etc.

En terminant, les participants ont pu participer à la création de cartes collectives à l’aide d’un outil de leur choix : soit Google Maps ou Cartograf, un outil développé par le RÉCIT. Si Google Maps permet de profiter des inépuisables ressources de Google, Cartograf a tout de même ses avantages et mérite d’être exploré : mise à jour instantanée de la carte lorsque plusieurs personnes y travaillent, utilisation de l’application sur tablette numérique et choix entre Google Maps et Map Quest pour le fond de carte et les données géolocalisées.

 

Alexandre Lepage, étudiant au baccalauréat en enseignement secondaire (univers social), Université Laval

Équipe de Chroniqueurs Web
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L'équipe de Chroniqueurs Web est composée d'étudiants en enseignement qui livrent leurs impressions sur leur participation au colloque de l'AQUOPS.

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