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Twitter en classe, du bonbon bleu !

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Twitter en classe – le début d’une pratique humanisante

Catherine Lapointe – École primaire des Coeurs-Vaillants-Campanile
#6110 – Jeudi, 2 avril de 13:15 à 14:45

Un dernier atelier…un petit coup de coeur, un bonbon bleu. Ça termine l’AQUOPS en beauté. J’étais curieuse de voir quelle utilisation pouvait-on faire de Twitter dans une classe d’un point de vue pédagogique. Dans une classe du premier cycle du primaire de surcroit ! Moi qui arrivais avec en tête, le commentaire d’un professeur universitaire  « Je n’ai pas encore trouvé d’utilisation pédagogique avec Twitter, mais alors, vraiment pas ! ». Eh bien, petite nouvelle pour lui, je viens d’en trouver une via Catherine Lapointe, enseignante de l’école Coeurs-Vaillants du Campanile à Québec !

La salle est petite et bondée. Je ne suis donc pas la seule à m’intéresser au cas de « l’oiseau bleu » et de ses gazouillis. Je m’installe donc devant, portable sur les genoux, les doigts tels des gâchettes, prêts à fusiller le fil AQUOPS des perles de la conférencière. Savez-vous quoi ? J’ai  terminé la conférence bouche bée, les doigts usés et la larme à l’oeil. Mon esprit était désormais fixé sur l’utilisation que l’on pouvait envisager avec « l’outil ailé », et jusqu’où il pouvait nous mener. À des endroits insoupçonnés, des endroits signifiants, stimulants et rocambolesques !

Cette conférence était toute simple, mais très efficace. Nous sommes entrés dans une classe. Nous y sommes entrés par les images, par les mots, par la vidéo. Nous avons rencontré des gens, une enseignante notamment, une voyageuse-rameuse et des enfants. Nous sommes entrés dans les maison, avec eux, où nous avons rencontré une maman passionnée par les progrès de son petit « mammouth ». Nous avons vu ses petites traces d’amour, laissées sur le fil Twitter de la classe. Nous avons rencontré une autre classe aussi, à l’autre bout de la planète, des cousins français.

En quelques minutes, nous avons traversé l’océan, fait de Twictées, monté un abécédaire collaboratif et fait des exposés passionnés. Nous avons même défié l’alphabet, mangé du matériel mathématique et nous sommes initiés à la poésie, au Bonheur de lire et fait des concours de Twitérature. Nous sommes passé dans le journal, à la télé et notre nom fut gravé sur un bateau. En plus, nous avons transmis nos sentiments avec candeur en scripto ou en vidéo :

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«Je suis venu d’ailleurs. Ma langue est un amalgame de français et de portugais. Mes mots sont le soleil et le vent du nord»

~Gustavo, 2015 #refer57

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«Bonjour Mylène, je m’appelle Léa, et ce que j’ai appris avec toi, c’est qu’on pouvait faire un peu ce qu’on voulait dans la vie ».

~Léa, 2014

Ce n’est pas rien pour de si petits poussins ! Bleus ou pas. Je ne sais pas vous, mais personnellement j’ai la larme à l’oeil.

Bref l’utilisation de Twitter en classe n’a pas de limite. Et comme j’ai tenté de le démontrer plus haut, elle a des impacts positifs et réels sur les enfants. Des impacts tels la motivation, l’engagement, l’initiative, le plaisir au travail, la réussite et l’estime de soi. Cette participation est supervisée par l’enseignant.e qui publie du contenu opportun sur la page classe qu’elle s’est créée.

L’idée derrière Twitter  au primaire est de se bâtir un réseau classe. Il est important de garder en tête que l’information que l’on désire publier doit servir à quelqu’un sur la toile. C’est vraiment la question à se poser selon elle, avant d’enfoncer le bouton ( Twitter ) à l’aveuglette. C’est que l’on peut recevoir autant que l’on partage si la qualité y est. Elle nous rassure en nous rappelant que Twitter est grand et vaste et qu’il n’y a pas de carte pour nous guider, ainsi il est tout à fait normal de s’y sentir perdus les premières fois.  Par contre, personne n’a besoin d’être hyper techno pour utiliser « l’ami ailé », mais pour bien comprendre, il est essentiel d’être connecté, nous dit-elle. Ainsi, de fil en aiguille, Twitter nous amènera à utiliser d’autres outils technos pédagogiques au grand bonheur des enfants.

Mais où commencer ? Un bon point de départ est de s’approprier l’outil personnellement puis éthiquement, car comme le dit Madame Catherine, « il y a tout un code de la route avant de lancer sa classe sur Twitter ». C’est pourquoi elle publie pour ses élèves, dans le respect des enfants, des parents et des règles éthiques.

Chacune des activités qu’elle développe a pour but la rencontre d’objectifs pédagogiques ciblés. Donc, on écrit pas pour rien. On écrit pour apprendre la synthèse : une  idée, une phrase, 140 caractères. Ce qu’il y a de magique avec Twitter c’est qu’une phrase = une étincelle. La suite ? Un véritable feu d’artifice ! Qui n’aime pas les feux d’artifice ? Aucun enfant, c’est certain.

Ce n’est pas vrai que Twitter nous isole. À 8 ans, Twitter nous connecte à la planète. «C’est très collaboratif» de dire l’enseignante, «Ça ouvre la classe». Ça l’ouvre d’abord aux parents puisque l’enfant qui ramène son enthousiasme à la maison pique la curiosité de ses parents. Certains d’entre eux se laissent même prendre au jeu, en suivant le fil de la classe et en y participant à l’occasion. Ainsi tout le monde se sent impliqué. Puis, ça l’ouvre à la communauté. Les réseaux-classe permettent une collaboration entre les classes de la région. L’enfant élargie donc ses horizons: d’autres sont comme lui, dans une classe, quelque part, et Twitter leur sert de pigeon voyageur. Puis viennent les cousins dont on a parlé plus haut, à l’autre bout du monde certes, mais qui partagent aussi cette belle langue dont se gave l’oiseau Twitter. Via ce média social, l’apprentissage se transforme en vraie communauté. Une communauté qui s’active, bouillonne et publie. Ainsi le fil renvoie aux enfants l’image médiatisée de leurs actions en petits gazouillis de vie. Des petits bruits dont ils peuvent parler, qu’ils peuvent suivre ou monter. Des petits gazouillis qui les font sortir de leur passivité d’enfants numériques. Twitter ouvre, il ne referme pas, vous vous souvenez ?

Comme vous le voyez, bien utilisé, « notre volatile » aura des impacts positifs à plusieurs niveaux. Il donne envie de lire, d’écrire, de participer, d’animer, de filmer, de publier et surtout, il donne envie de bien le faire. Et pour ceux qui entretiendraient une crainte des médias sociaux, et bien, dites-vous que si Twitter est rapide, il vous donne tout de même une certaine liberté pour penser, car au final, vous êtes le seul à décider quand il est pertinent de l’utiliser dans votre classe. « Sans Twitter, il se serait passé beaucoup moins de choses dans ma classe » de conclure Madame Catherine.

Quant à ma propre conclusion de cet atelier, en 140 caractères, le sujet oblige :

« Catherine, je m’appelle Leslie, ce que j’ai appris avec toi, c’est qu’on peut faire ce qu’on veut dans une classe avec Twitter ».

À tire d’ailes, on va beaucoup plus loin qu’à pied.

 

Liens utiles

Prezi de l’atelier | Gracieuseté de Catherine Lapointe

@catlap78 et @elevesCVC2

#twictee #bonheurdelire

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Leslie Dumont

Leslie.Dumont

journaliste-chroniqueuse

Technologie éducative

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Équipe JournalisTIC
Équipe JournalisTIC
L'équipe JournalisTIC est composée d'étudiants en enseignement qui livrent leurs impressions sur leur participation au colloque de l'AQUOPS.

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