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Le numérique au service de la rétroaction pédagogique

Commenter les travaux d’élèves semble être une pratique évidente, qui va de soi. Et pourtant, dans son atelier sur la rétroaction pédagogique, Patrick Valois a bien fait la nuance entre des rétroactions efficaces et des rétroactions avec peu d’effets sur l’apprentissage.

Patrick Valois commence par recueillir les représentations des participants du concept de «rétroaction pédagogique». Sans surprise, tous y sont familiers et s’en font déjà une représentation bien claire : pour les uns, la rétroaction doit être constructive et rapide, alors que pour d’autres elle doit être profonde et personnalisée. Cependant, personne dans la salle n’en doute : fournir des rétroactions fait partie du rôle de l’enseignant et elles sont utiles à l’apprentissage des élèves.

Nous passons énormément de temps à donner des rétroactions à nos élèves. En retour, on s’attend à observer des résultats, à ce que les élèves tiennent compte de nos commentaires, à ce qu’ils s’améliorent. Nombreux sont les enseignants, parmi la salle, à être fiers de retourner les travaux de leurs élèves remplis de commentaires constructifs. Mais parfois, il suffit d’une petite lacune dans nos rétroactions pour que toute leur efficacité s’écroule. Nous ne voulons pas cela, n’est-ce pas ? Alors, comment s’assurer que nos rétroactions auront tout le poids que nous souhaitons ?

D’abord, les rétroactions imprécises comme «bravo!» ou «réponse vague», que certains ont peut-être déjà employées remplis de bonnes intentions, ont peu d’impact sur l’apprentissage. Au mieux donnent-elles une idée de l’appréciation générale de l’enseignant, mais elles laissent l’élève démuni pour faire mieux la prochaine fois. M. Valois propose sept caractéristiques des rétroactions efficaces. Entre autres, nos rétroactions doivent être personnalisées et précises. À quoi bon passer du temps à réécrire le même commentaire à la moitié de nos élèves, alors qu’on aurait pu donner la rétroaction verbalement à tous les élèves ? Les commentaires que l’on prend le temps d’écrire à chaque élève doivent lui être adressés personnellement. En somme, ces rétroactions contribuent à régler le grand paradoxe de l’enseignement à des groupes : aucun élève n’a les mêmes connaissances et expériences, et pourtant l’enseignant doit proposer une démarche pour le groupe entier.

On peut distinguer trois temps de la rétroaction pédagogique. Au premier temps, la rétroaction vise simplement à clarifier les consignes. Au second temps, la rétroaction est instructive : l’enseignant donne des conseils précis qui permettront à l’élève de poser une action concrète pour améliorer un aspect de son travail. Au troisième temps, la rétroaction vise simplement à accompagner l’élève. L’enseignant ne lui suggère plus de solutions, mais plutôt des questions. Par exemple, «que peux-tu faire pour améliorer cet aspect de ta réponse?». Il faut donc identifier, selon le temps de l’activité et l’élève, le type de rétroaction à fournir. Comme les rétroactions d’accompagnement sollicitent des habiletés métacognitives, Patrick Valois nous rappelle de tenir compte des stades de développement intellectuels des élèves pour orienter nos rétroactions.

La suite de l’atelier consiste à explorer des outils numériques permettant de fournir des rétroactions qui respectent certaines caractéristiques : elles sont produites en temps réel et personnalisées à chaque élève. La plupart des outils présentés requiert que chaque élève ait accès à un appareil (ordinateur ou mobile). C’est le cas par exemple de l’outil formative, qui permet de poser à l’ensemble de la classe des questions et de commenter les réponses des élèves au fur et à mesure qu’elles sont produites. Quizziz est un autre outil qui permet à tout un groupe de répondre à des questions en même temps, en ajoutant une dimension de compétition ludique. Ce genre de jeux permet à un enseignant de recueillir de l’information diagnostique afin d’alimenter ses rétroactions. Les outils Google peuvent être exploités à des fins de rétroaction pédagogique. Par exemple, en partageant un Google Document avec chacun de ses élèves, l’enseignant peut annoter et commenter en marge le document.

En somme, il s’agissait d’un atelier bien monté, qui fait bien le pont entre une tâche quotidienne de l’enseignant (fournir des rétroactions) et les possibilités du numérique.

 

Alexandre Lepage, étudiant au baccalauréat en enseignement secondaire (univers social), Université Laval

Équipe de Chroniqueurs Web
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L'équipe de Chroniqueurs Web est composée d'étudiants en enseignement qui livrent leurs impressions sur leur participation au colloque de l'AQUOPS.

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